DE L'ACADIE A PLEUDIHEN

1 - Origine
2 - Le grand dérangement
3 - Un nouveau départ
4 - Le départ pour la Louisiane

1 - ORIGINE

Les premières implantations françaises au Canada ont lieu au début du 17ème siècle. Pierre du GAST de MONTS et Samuel de CHAMPLAIN fondent Port Royal en 1605 puis Québec en 1608. Les premières familles, originaires de l'Ouest de la France et surtout du Poitou, arrivent en 1636, après qu'une expédition de 300 hommes dirigée par Isaac de RAZILLY et Charles MENOU d'AULNAY se soit installée en 1632.

A partir de cette date, les premiers colons vont défricher des terres incultes, construire des fermes et assécher les marais par la technique des aboiteaux.

L'Acadie devient alors une région prospère et s'étend sur les territoires suivants:
- Au Canada : la Nouvelle Écosse (Acadie orientale), le Nouveau Brunswick (Acadie occidentale), les îles du Prince Édouard (l'île St Jean) et du Cap Breton (l'île Royale)
- Aux États-Unis : une partie de l'état du Maine (Acadie occidentale).

Pendant toute cette période, la situation des colons est précaire, car ils doivent subir de nombreuses attaques de la part des colons anglais installés en Nouvelle Angleterre (Boston).

Ainsi, l'Acadie devient anglaise en 1627 puis française en 1632 par le traité de St Germain En Laye, à nouveau anglaise en 1654 puis française en 1667 (traité de Bréda).
-1713 - le traité d'Utrecht attribue définitivement l'Acadie à l'Angleterre sous le nom de Nouvelle Écosse, ainsi que Terre Neuve. La France garde l'île St Jean et l'île Royale.
-1741 - c'est la guerre de succession d'Autriche, et 4 ans plus tard la ville de Louisbourg tombe aux mains des anglais jusqu'au traité d'Aix la Chapelle (1748)
-1749 - l'arrivée de 2500 colons anglais en Acadie (Nouvelle Écosse) provoque une grande inquiétude chez des milliers d'acadiens qui décident d'émigrer vers l'île St Jean en 1750.

2 - LE GRAND DÉRANGEMENT

Le colonel Charles LAWRENCE est nommé gouverneur de la Nouvelle Écosse en 1753. Le 28 juillet 1755, le gouvernement anglais décide de déporter le peuple acadien vers les colonies anglaises de la Nouvelle Angleterre.

8000 acadiens sont embarqués pèle mêle sur 46 bateaux, certaines familles sont séparées à jamais; d'autres s'enfuient dans les bois et ne seront pas repris.

Selon la destination des bateaux, ils sont plus ou moins bien accueillis. Une épidémie décime ceux de Pennsylvanie. La Virginie refoule les siens vers l'Angleterre où 1500 acadiens seront mis en prison.

En 1758, les anglais attaquent la forteresse de Louisbourg qui capitule, et c'est la reddition des îles Royale et St Jean. Leurs habitants sont à leur tour embarqués vers la France, principalement en Bretagne, mais aussi à Cherbourg, Boulogne. C'est ainsi que 2000 d'entre eux débarquent à St Servan (familles BOUDROT, DAIGLE, GIROIRE, BARILLOT, PITRE, LANDRY,...).

En 1763, après la signature du traité de Paris, les acadiens détenus dans les prisons anglaises sont libérés et dirigés vers St Malo et Morlaix.

En 1772, un recensement des réfugiés acadiens à qui était versé une solde, fait état de 1727 personnes pour la région de St Malo

3 - UN NOUVEAU DEPART

Certains acadiens, à peine arrivés en France, sont déjà candidats pour d'autres colonies : la Martinique, la Guyane, les îles Malouines, St Pierre et Miquelon.

Une implantation de 78 familles a lieu à Belle Ile en Mer en 1765 dont 22 venant de St Malo, le reste de Morlaix.

En 1773, une tentative d'implantation de 1500 acadiens a lieu dans le Poitou, au sud de Châtellerault près d'Archigny, sur les terres du Marquis de PERUSSE. Cinquante huit maisons vont être construites pour loger les premières familles. Les autres sont logés provisoirement à Châtellerault mais également dans les environs, parfois même jusqu'à Chauvigny.

Toutefois, un vent de révolte souffle chez les acadiens, leur protecteur LOUIS XV vient de mourir et leur droit à la propriété tarde à leur être reconnu. Certains parlent de partir en Louisiane où sont déjà arrivés des parents et amis. Des troubles éclatent dans la colonie.

Des convois sont alors organisés entre Châtellerault et Nantes pour emmener un certains nombre de familles acadiennes, avec en priorité les contestataires. Quatres convois partents entre octobre 1775 et mars 1776, emmenant plus de 1300 personnes.

Il ne restera qu'une vingtaine de familles sur les 362 arrivées en 1773 et qui feront souche. Ceux-ci obtiendront enfin leurs titres de propriété en 1791. Actuellement, à Archigny, on peut visiter une des 37 maisons restantes transformée en musée.

La région nantaise va donc accueillir près de 2000 acadiens pendant une dizaine d'années, dans l'attente d'un départ vers la Louisiane que la plupart attendent.

4 - LE DEPART POUR LA LOUISIANE.

En 1783, un projet d'émigration est organisé par un nantais PEYROUX de la COUDRENIERE. Il a fait fortune en Louisiane et connu là-bas des acadiens exilés, certains dès 1764. Il est aidé par un acadien, cordonnier de son état, Olivier TERRIOT qui a habité Pleudihen de 1759 à 1773 avec ses parents (Jean TERRIOT et Hélène LANDRY). Ce dernier va jouer un rôle très important dans la préparation et le départ vers la Louisiane.

Le 22/10/1783, Charles III d'Espagne, la Louisiane étant devenue espagnole, accepte le plan de PEYROUX et d'ARANDA l'ambassadeur d'Espagne à Paris.

Toutefois, il faudra attendre 1785 et le consentement de LOUIS XVI pour voir le projet prendre forme. Le consul d'espagne en Bretagne arme 7 navires pour le transport de près de 1600 acadiens (6 de Nantes et 1 de St Malo).

Le bateau "La Ville d'Archangel" part de St Malo le 12/8/1785 avec une cinquantaine de familles. Ces familles qui embarquent à St Malo sont composées d'acadiens qui vivent sur les bords de la Rance depuis 25 ans ou qui y sont nés. Ils ne connaissent pas la Louisiane mais sont néanmoins prêts à émiger en laissant parfois certains de leurs enfants. Ainsi, la famille PITRE part avec les plus jeunes, et laisse Jean (23ans) et Joseph (21ans) à Pleudihen. Ces derniers se marieront l'année suivante.

Les autres bateaux emmènent des acadiens qui ont déjà changés plusieurs fois de lieu de résidence en France. Débarqués à St Servan, Cherbourg ou Morlaix, ils ont d'abord émigrés à Belle île ou dans le Poitou avant de venir dans la région nantaise.

En Louisiane, les acadiens vont enfin trouver une terre d'accueil où ils s'implantent définitivement.


 - Suite : sur les bords de Rance -

Remarques

Cette page n'est pas l'histoire de l'Acadie mais simplement un résumé des principaux évènements, permettant de mieux comprendre l'aventure du peuple acadien, depuis les rives du St Laurent jusqu'à la Louisiane en passant par la Bretagne et les bords de la Rance, pour les personnes qui découvrent cette aventure à travers l'histoire de Pleudihen sur Rance.

Il existe de nombreux sites consacrés à l'histoire de l'Acadie et des acadiens, plus complets, qui leur permettront d'en connaître beaucoup plus que les quelques lignes figurant sur cette page.

Quelques adresses :

Sur l'Acadie : "l'Acadie au bout des doigts" - "il était une fois l'Acadie" -

Les acadiens en France : "Poitou, Acadie, Bretagne" - "les acadiens de Boulogne sur Mer" -